Mise en mots

La mise en mots.

Rêver, c’est dormir avec des illustrations dans le texte.
Eugenio d’Ors Y Rovira – Au grand Saint-Christophe

Mise en mots : quand une image devient un texte, et que le texte nous plonge dans l’image en nous faisant rêver un peu.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir et prenez le temps de lire et de regarder.

© Image mise en mots par Arianancelle (sur instagram : Arianancelle)

Si vous souhaitez écrire quelques mots sur mes images, n'hésitez pas à me contacter.

Ne vous est-il jamais arrivé de rêver flou ?

Quand les frontières se font nuances et que le net devient vulnérabilité perpétuelle…

Dans la vie, il n’y a pas de fleuve tranquille. D’ailleurs, n’est-ce pas indécent de croire aux fleuves comme d’autres aux contes de fées ?

Le marécage, la source, la rigole, le bourbier, l’étang… Voilà les nuances, voilà la décence du vrai. La vie, c’est aussi la confiance qui se dissout, la passion qui s’emballe, les rêves qui s’épanchent ou se métamorphosent.

Rien n’est lisse, rien n’est tranquille. Nous sommes trop humains et donc étonnement imparfaits. Et c’est la conscience de ce vrai qui nous rend beaux.

Là-haut, qu’y a-t-il…? 

Peut-être de l’air, peut-être une fauvette solitaire… Quel vivant se dérobe à nos regards qui se tordent de curiosité ? Peut-être du lichen râpeux, une épatante fourmilière… Peut-être les arbres y sont-ils plus tendres qu’en bas… Peut-être le soleil y brille-t-il d’un éclat plus insistant… La roche est-elle plus lisse là-haut ? Se dérobera-t-elle à nos doigts fébriles ? 

Viens : montons. Sans hâte mais montons. La nature n’est pas un terrain de projections. Je laisse cela aux esprits errants des villes bitumées. La nature n’est pas non plus un temple car on ne survit pas longtemps au pays des dieux. Non, la nature est juste un terrain. Sublime d’ingratitude à notre égard. Alors, montons. Rien ne nous oblige à le faire, si ce n’est l’envie de ne pas être écoutés…

Tous les matins, il ouvre la barrière des Quatre-Routes. 

Barrière de bois, barrière du temps. Barrière amie, barrière rugueuse et polie par les pluies. Pas le temps de s’ennuyer : les vignes attendent. La femme, elle, est déjà au jardin. Elle sarcle. Le dos labouré par les ans, sans une plainte. Cent cinquante-deux ans à tous les deux. Des poules, quelques lapins dans leurs clapiers. Une maison à eux, la même que ses parents à lui. Des recettes dans la tête et du linge épais dans les armoires qui grincent. Ils sont fiers, ils sont humbles. Peu de paroles entre eux chaque jour échangées. Les gestes sont immuables, se passent de commentaire. La soupe tous les jours est sur la table.

Des gens de la Terre.
Serviteurs éphémères.
Sans une plainte.

Entrelacement.

Le pied qui craque sur les branches sèches tombées au sol. L’arrêt. La peur d’avoir enfreint la quiétude du lieu. Cathédrale de verdure… Les troncs rugueux sur lesquels ta main se pose un instant pour reprendre son souffle. Au loin, quelque corps en mouvement de mammifère vadrouilleur froisse un bosquet… A moins que ce ne soit ton imagination… Ou bien le vent… Tu poursuis ta route. Sans savoir où tu vas… Modeste bipède au milieu de la beauté matricielle de notre Nature… Modeste invité aux pas timides et à la prunelle émerveillée… Modeste invité…

Nous, les fées alsaciennes, sommes nées avec des âmes de bâtisseuses.

 Point de cathédrales au faîte de notre ambition, mais des ponts. Oui, des ponts. Ces structures élégantes, fines et racées qui relient deux sommets qu’une vallée fluviale sépare. Malheureusement, les premiers missionnaires chrétiens arrivés sur notre territoire nous firent méticuleusement la chasse et nos édifices (dont le seul défaut était d’être païens) restèrent à jamais inachevés… Mais si vos pas de randonneurs vous mènent jusqu’à quelque sommet du coin, vous tomberez sûrement sur des masses rocheuses bizarrement disposées l’une sur l’autre… Les personnes sérieuses ont attribué cela à l’érosion naturelle. Mais, si vous avez conservé en vous une âme d’enfant que le réel ne peut complètement satisfaire, alors nos murmures furtifs de bâtisseuses ambitieuses vous parleront du fond des âges… Car n’y a t’il pas plus beau pont que celui de l’imaginaire qui défie le Temps…?

Y'a des gens qui ont déjà commenté. A vous le tour :) 4 Commentaires

24 décembre 2020 val

Bonjour Emmanuel,
Je viens de prendre une belle bouffée agréable d’instants vivants sur ton blog.
Peut-être que le rêve est l’instant libératoire pour certaines personnes qui n’ont que du flou et de la boue. C’est triste mais humain aussi. Sans rêves, certains ne tiendraient pas et se noieraient dans cette vie.
Heureusement pour moi, j’ai la chance de vivre cette vie en étant l’invitée de la nature au maximum et les rêves sont souvent fades par rapport à la réalité 😉
Beaux instants à toi

24 décembre 2020 Emmanuel

Bonjour Val. Merci pour votre passage et votre commentaire. Effectivement il faut garder ses rêves… C’est aussi ce qui aide à avancer…

29 décembre 2020 Pablo Laloune

Bonjour,
Jolie petite balade ! Vos photos captent vraiment bien l’atmosphère des forêts vosgiennes, avec ce petit côté mystérieux que j’affectionne.
Je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année !

29 décembre 2020 Emmanuel

Bonjour Pablo merci pour votre passage et votre commentaire.
J’aime beaucoup cette atmosphère particulière qui se dégage des forêts vosgiennes alors j’essaie de retranscrire ce que je te ressens en images. Pas toujours simple…
Belles fêtes de fin d’année à vous également

Alors....vous en pensez quoi ?Ecrivez un petit commentaire.

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