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Le dernier mois d’été

Le dernier mois d’été

Les derniers jours d'août sont toujours particuliers, dans les Vosges.
 
Cette série revient sur ce mois, et sur ce qui l'a vraiment marqué : les lumières, jamais tout à fait les mêmes d'un jour à l'autre, qui viennent ponctuer les forêts et le ciel. Même les jours gris.
Un matin, la pluie était revenue, comme souvent après la chaleur, même si cet été elle a vraiment été trop rare. Des vaches paissaient tranquillement au pied de la montagne, et un arc-en-ciel semblait sortir tout droit de la forêt.
 
Je me suis arrêté devant cette scène d'apparence si simple, et pourtant…
 
J’ai également pu admirer, en sous-bois, une lumière douce venait dessiner le contour des feuilles d'un arbre qui avait tenu bon face à la chaleur de l'été, gardant encore un peu sa belle couleur verte. Pour venir habiller ses feuilles, un arrière-plan tout en douceur, filtré par les feuillages des autres arbres. Et puis aussi, un étang blotti entre les montagnes, sa surface froissée délicatement par le vent. Une sensation de fraîcheur bienvenue, après des journées trop chaudes.
 
 
Il y a eu aussi ce jour d'éclipse solaire. En fin de journée, le soleil est venu jouer avec le sommet de la montagne et les sapins, et le ciel a pris un dégradé de rouge, d'orange, de bleu nuit, dessinant les arbres à l'encre de Chine. Les belles choses n'arrivent pas toujours au moment où on les attend. Parfois elles viennent par surprise, à la fin d'un instant qu'on croyait déjà terminé. C’est pour cette raison que je ne range jamais mon appareil photo avant d’être rentré à la maison. 
 
 
Certaines images sont nées de plus près. Une fougère, restée dans l'ombre du sous-bois, que la lumière est venue caresser doucement. Je me suis approché pour en photographier la texture, presque comme un velours. Ailleurs, la bruyère colorait le sol de la forêt. Pour une fois, je n'ai pas cherché le gros plan sur les fleurs. J'ai préféré montrer le sol lui-même, coloré, encore chargé de l'odeur de la mousse après quelques jours de pluie. Une impression que la vie reprenait, doucement.
 
 
Et puis, tout à la fin du mois, un samedi de ciel gris et d'orage, sombre et chargé comme je les aime. D'un coup, un rayon de lumière a percé, et un nouvel arc-en-ciel a semblé jaillir de la montagne, couverte de sapins dessinés eux aussi à l'encre de Chine. Même sous un ciel bien gris, la couleur trouve toujours un chemin pour remonter vers la lumière.
 
Il suffit parfois d’être patient, et d’apprendre à voir et s’émerveiller devant des détails qui pourraient sembler insignifiants pour certains. 
 
Mon récit se termine en haut d'une colline, au coucher du soleil, devant un arbre que j'aime photographier depuis longtemps. Le ciel glissait du rouge-orangé vers le bleu de la nuit, et sur la gauche, une première étoile a commencé à briller. J'attendais les Perséides, ces étoiles filantes du mois d'août.
Comme quoi, il n'y a pas nécessairement besoin d'un rendez-vous programmé pour découvrir de belles choses. Il suffit de rester attentif, à chaque instant, à ce que la nature nous offre.
Si l'un de ces instants te parle, certaines de ces images existent en tirage d'art numéroté, tiré à trente exemplaires seulement. Tu peux les retrouver sur le site, cliquant juste en dessous.
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Les Carnets de brumes

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