Au fil des images

Réminiscences

Réminiscences

Cette semaine, je sors un peu de a zone de confort. Pas de forêt, pas de brumes. Cette fois, j'ai posé mon regard sur des lieux abandonnés, ces lieux où des hommes ont travaillé, où d'autres ont vécu, et que le temps a fini par oublier.
 
J'aime cette sensation étrange quand j’entre dans un endroit sans savoir ce qu'il a été. Qui a construit ici, et pourquoi. Qui a marché sur ce sol avant moi. Il ne reste plus de “vraies” réponses, seulement des éléments qui font imaginer ce qu’était l’Avant : une peinture écaillée, une porte, des bouteilles pas tout à fait vides. Alors l'imagination comble ce que le lieu ne raconte plus. J'avoue que ce vide me fascine, et les histoires que je me raconte ne sont peut être pas les bonnes (c’est même très probable).
Et puis il y a l'autre chose, celle qui me touche encore plus.  Cette chose immuable. Ce que les Hommes ont pris à la Nature, la Nature finit toujours par le reprendre. Quelques années d'absence humaine suffisent. La mousse revient sur une pierre, une pousse verte traverse un sol de béton, la lumière retrouve un plafond qu'on croyait sombre à jamais. Dans un de ces bâtiments, sous des pierres et des briques qui portent encore le poids de la folie des Hommes, j'ai vu la nature venir comme un pansement. Comme si elle cherchait à apaiser toute la souffrance qui avait pu exister en ce lieu.
 
Il y a aussi cette piscine, connue de beaucoup, aujourd'hui saccagée, qui a servi de décor à plusieurs tournages, dont celui d'une série que j'aime particulièrement. Je m'y suis aventuré avec prudence et respect. Ces lieux chargés d'histoires ont quelque chose qui déstabilise, et j'essaie toujours de ne pas perdre pied, au sens propre comme au sens figuré (80cm ça devrait aller, pas besoin de bouée).
 
Ailleurs, dans un ancien bâtiment industriel, une flaque d'eau reflétait les poteaux de métal et le toit de verre. Je m'y suis vu, à l'envers. Difficile de  faire la différence entre le reflet est la réalité.  Je crois que c'est l'image qui résume le mieux cette semaine, cette hésitation sur le sens à donner et à regarder pour comprendre ce qu'on a sous les yeux. Mais faut-il toujours comprendre ? 
 
Il y a aussi une chose que je tenais à partager avec vous, une règle systématique dans ces explorations : le respect. Ces lieux chargés d’Histoires ne s’arpentent pas sans ça. Ne rien forcer, ne rien casser, ne rien prendre. Juste regarder, ressentir, imaginer et repartir. Et j’allais oublier : ne jamais dévoiler le lieu. 
 
Cette série s'appelle «XXVI_034_Réminiscences». Elle se termine sur un mur, une écriture, un mot : sortie. Avant de la refermer, si tu as le temps d'y repasser, dis-moi quelle image t'a le plus touché.
Si l'un de ces instants te parle, certaines de ces images existent en tirage d'art numéroté, tiré à trente exemplaires seulement. Tu peux les retrouver sur le site, cliquant juste en dessous.

La Porte et les étoiles

Plage de prix : €55.00 à €190.00
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Les Carnets de brumes

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