Pas avec un itinéraire précis. Plutôt avec l'intention de ralentir. De regarder ce qui se passe là, sous les pieds, sur les troncs, dans l'air froid du matin. La forêt vosgienne ne livre pas ses détails à ceux qui passent vite. Il faut s'arrêter. Se baisser. Laisser les yeux s'habituer à l'échelle du Petit.
Plus loin, les nivéoles avaient commencé à remplacer le blanc de la neige par le blanc de leurs fleurs. Le cycle recommençait, doucement, sans aucune intervention humaine...
Ces fleurs-là ne demandent pas une permission.
Elles arrivent, discrètes, déterminées, et elles signalent que quelque chose change.
Un ciel encore couvert de nuages lumineux, des sapins encore saupoudrés de neige.
Mais sous leurs pieds, la vie reprend.
L'eau, justement, avait gorgé les cascades. Elle se faufilait partout, créant de nouveaux chemins, de nouveaux filets entre les pierres. Elle ne cherche pas la voie la plus belle. Elle cherche la voie possible. Il y a quelque chose de profondément rassurant (et d'inspirant) là-dedans.
Et la brume, toujours cette brume des Vosges.
Le soleil filtrait à travers les branches ce matin-là, timide, comme s'il devait justifier sa place, sa présence. La lumière et la brume cohabitent, créent ensemble quelque chose d'indicible.
Ce qui est fragile mérite qu'on le regarde vraiment.
A propos de Emmanuel
Auteur photographe. Vosgien, 100% pure souche de sapin.
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