Il y a un proverbe qu'on répète chaque année à l'arrivée du mois d'avril. "En avril ne te découvre pas d'un fil." Je l'ai entendu des dizaines de fois. Cette année, j'ai décidé de lui préférer une autre version : en avril, ouvre bien les yeux.
Parce qu'avril déborde. Ce n'est pas une métaphore, c'est presque une réalité physique. Les couleurs ne se glissent plus prudemment dans le paysage, elles s'installent, occupent le terrain et l’attention. Le vert qui apparaît dans les premières semaines du printemps n'est pas un vert ordinaire. C'est un vert qui absorbe la lumière, qui en redemande, qui se déplie sous les yeux à une vitesse qu'on ne soupçonnait pas.
Ces matins de début avril, je suis sorti tôt. Le soleil n'était pas encore haut mais il se faufilait déjà entre les troncs des sapins, dessinait des couloirs de lumière sur le sol encore froid. Une brume légère traînait au fond de la forêt, pas assez dense pour tout cacher, juste assez pour donner au regard un endroit où s'arrêter.
Et puis il y a les fleurs.
Des milliers de petites fleurs blanches sur des branches que je ne savais pas nommer. L'arbre ne m'en a pas tenu rigueur, enfin je ne crois pas. Le soleil passait à travers, transformait l'arrière-plan en quelque chose d'imprévu, presque lumineux. Ces fleurs blanches m'ont fait penser à des flocons. Un peu comme si l'hiver, avant de partir vraiment, avait voulu laisser une dernière trace, mais en doux, mais en vivant.
Et parlons des anémones… Une était encore couverte de perles d'eau, éclairée par la lumière du matin comme si rien d'autre n'existait autour. L’autre, un ruisseau derrière elle. Et dans ce ruisseau, les reflets du soleil qui créaient un fond que je n'aurais pas pu imaginer. Certaines images n'ont pas besoin d'être construites. Il suffit de se placer au bon endroit, et de ne pas bouger (ni tomber d’ailleurs, et ça, c’est tout de suite moins simple).
Le sakura était là aussi, rose comme on ne pourrait pasd l’imaginer. L'arrière-plan tout entier n'était plus qu'un souffle de cette même couleur, démultiplié par le flou. Et le pommier du Japon, avec ses teintes un peu insolentes, comme s'il savait exactement ce qu'il fait.
Cette série s'appelle XXVI_014_ "En avril, ouvre bien tes yeux". Elle est née de matinées ordinaires devenues extraordinaires, non pas parce qu'il s'est passé quelque chose de spectaculaire, mais parce que j'ai eu la patience de regarder. Vraiment regarder.
Avril, cette année, méritait qu'on lui prête attention. Vous en dites quoi ?
Une belle manière de faire entrer la Nature et la sérénité chez toi.
L’Esprit
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Auteur photographe. Vosgien, 100% pure souche de sapin.
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