Mai arrive toujours un peu trop vite.

Pas le temps de s'y préparer. Les fougères sont déjà hautes, les anémones ont déjà fleuri, et les coquelicots, eux, ont ouvert leurs pétales sans prévenir des jours à l’avance.

C'est ce mois que j'ai voulu rassembler dans cette série. Pas un projet construit, pas une intention précise au départ. Plutôt une collection d'images prises ces dernières années en fin avril ou en mai, des photos que je gardais sans vraiment savoir quoi en faire, et qui m'ont parlé ce matin en cherchant les photos à partager avec vous. 

Il y a dans tout ça quelque chose qui ressemble à un début de proverbe, comme l'écrit de quelqu'un qui observe avant de conclure.

Le soleil se lève tôt en mai sur les crêtes vosgiennes. Il réchauffe l'air lentement, dessine les reliefs dans la brume avant que tout ça ne disparaisse. J'ai photographié ces moments à l'heure où (quasiment) personne n'est encore debout. Ce silence du matin n'est pas celui de la nuit. Il est plein d'attente et il se rompt au rythme du réveil de la nature. 

Ailleurs, les pierres d'une vieille maison abandonnée sont couvertes de mousse, une fenêtre s'ouvre sur deux sapins, et rien ne dit que quelqu'un a jamais vécu là, sauf ces murs qui tiennent encore. Il y a une vie tenace dans ces vestiges, quelque chose qui résiste doucement, une mémoire qui ne s’efface pas et la forêt, gardienne de ces souvenirs. 

Un peu plus loin, une vache de race vosgienne est allongée dans l'herbe d'un pré à flanc de montagne. Elle ne bouge pas. Elle regarde. Comme si elle se demandait ce que je faisais là devant elle à la prendre en photo. 

Les cascades, à cette saison, sont en pleine force. L'embrun qu'elles créent nourrit la mousse et les fougères dans un rayon de quelques mètres. J'aime ces microclimats, ces endroits où la végétation profite d'un souffle d'eau invisible et des fines gouttes d’eau illuminées par le soleil qui filtre à travers la forêt. 

L'anémone pulsatile, elle, ne dure qu'une semaine ou deux. Au lever du soleil, son duvet devient lumineux, comme dessiné par la lumière elle-même. C'est le genre d'image qu'on rate si on arrive un quart d'heure trop tard.

Et puis les coquelicots. Des fleurs si fragiles et fortes à la fois. De multiples significations et symboles. J’essaie toujours d’en faire des photos qui reflètent cette complexité, sans oublier de montrer leur légèreté, les boutons encore fermés à côté des fleurs déjà écloses, la façon dont ils captent la lumière du matin.

Cette série XXVI_018_ "En Mai" n'est pas un manifeste. C'est un carnet ouvert, quelques pages d'un mois qui passe vite et qu'on n'a pas envie d'oublier.

Forêt enchantée

Plage de prix : €55.00 à €190.00
Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit
author-avatar

A propos de Emmanuel

Auteur photographe. Vosgien, 100% pure souche de sapin.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.