Au fil des images

Il était une fois juillet

Il était une fois juillet

Juillet est passé vite. Trop vite, je crois bien.
Quand j'ai ouvert mes dossiers à la fin du mois, j'ai trouvé peu d'images. Beaucoup moins que d'habitude. Sur le moment, ça m'a un peu déçu, j'avoue.
Puis j'ai regardé de plus près.
Il y avait quand même ces sorties. Pas nombreuses, mais réelles. Des fois où j'ai posé ce que j'avais à faire pour aller chercher le calme quelque part, en haut ou sous les arbres. Faire peu de photos ne veut pas dire passer à côté du mois, finalement.

 

Les soirs où la vallée s'endort

Il y a eu ces fins de journée en altitude. Le soleil qui s'affaisse derrière les nuages et prend cette couleur de feu. Tout en bas, la vallée qui s'endort doucement.
Je reste, dans ces moments-là. Je ne redescends pas tout de suite.
Un de ces soirs, le ciel a glissé du rouge au bleu sans que je puisse dire à quel instant. Les crêtes et les sapins n'étaient plus que des traits noirs, comme dessinés à l'encre de Chine. Un petit nuage est venu se placer au milieu du cadre. Il était là. Il traversait les couleurs, tranquillement. Cette soirée était inoubliable. 
Un peu plus tôt, sur un autre flanc de montagne, le soleil avait déjà lâché prise. La brume en a profité pour monter des vallées, doucement, et elle est venue habiller les montagnes une par une. Les reliefs prennent une teinte particulière dans ces moments-là, que je n'arrive toujours pas à nommer correctement. On dirait que quelqu'un dessine le paysage sous nos yeux, calque après calque, et qu'il prend son temps.

 

Le matin où j'ai posé ma tasse

L'autre souvenir de ce mois est arrivé par la fenêtre.
Je venais de finir mon café. J'ai levé les yeux, et le soleil était là, timide, à hésiter derrière les nuages. Quelques minutes pour me préparer, et j'étais dehors. Mais quelque-chose de beau se préparait, je le savais. Il a percé juste après. La montagne se dessinait juste en dessous, les nuages ont pris la lumière. Presque féérique.
 

Sous les arbres, à hauteur de feuille

Le reste s'est joué dans les sous-bois. Beaucoup plus bas, beaucoup plus petit.
Une fougère caressée par la lumière, qui sort de l'ombre le temps qu'on la remarque. Elle se révèle à qui prend le temps de la voir. Plus tard dans le mois, un rayon est venu se poser sur la feuille d'un arbre, tout simplement, et c'était suffisant.
Une autre feuille, ailleurs, était percée de petits trous. Une vie mouvementée, visiblement. Dessus se dessinaient les ombres de fines branches, comme des croquis que la Nature aurait faits elle-même. J'aime beaucoup cette idée. Quelque chose qui nous semble abîmé peut encore donner du beau.

 

Le sentier que je garde pour l'hiver

Et puis ce sentier que je ne connaissais pas encore. Trouvé un peu par hasard (mais pas vraiment…), dans les Vosges. J'y retournerai en hiver. C'est une certitude.
Je sais déjà ce que la brume et le silence peuvent en faire, à cette période. Il me reste quelques mois à attendre. Ça ne me dérange pas vraiment, l'attente fait partie du travail.

 

Ce qu'il me reste de juillet

Peu d'images, donc. Mais chacune correspond à un moment où je me suis arrêté pour de bon.
C'est peut-être la seule leçon d'un été comme celui-là. Le calme ne se planifie pas, je crois bien. Il attend juste qu'on lui laisse un peu de place.
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Envie de prolonger un peu ?

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