Au fil des images

Il était une fois juin

Il était une fois juin

Il était une fois juin. Le mois a filé, comme souvent. Alors avant de tourner la page, j'ai rouvert mes images une à une, prises au fil de mes sorties dans les Vosges.
Des détails, de grands espaces, et parfois des détails de grands espaces. Ce que j'y retrouve, c'est une évidence toute simple : l'évasion est partout, l'inspiration aussi. Il suffit de laisser à notre esprit le temps de vagabonder.
 
Juin a commencé à hauteur du Petit Monde. Accroupi devant une drosera, le regard perdu dans ses gouttelettes. Une plante minuscule, et pourtant tout un univers. Un peu plus loin, des marguerites. Une seule est nette, les autres l'entourent en flou, comme pour la protéger. J'aime cette délicatesse.
 
Il y a eu les milieux humides, si précieux. Ce jour où un rayon de lumière est venu se poser sur le bord de la tourbière. Le vert de la végétation, l'eau noire. Un contraste que je ne me lasse pas de contempler, comme une lumière venue d'un Autre Monde. Les fougères aussi, dans l'ombre, avec le soleil qui vient caresser leurs contours. Une inspiration infinie, enfin je trouve.
Le Ciel a eu sa part. Un nuage flottant doucement dans le soir, pareil à des coups de pinceau laissés là par un artiste. Et une fois, pour changer, je me suis posé un soir plutôt qu'un matin. Le soleil jouait derrière les nuages d'orage, dessinait ses rayons à travers eux. Du gris sombre au blanc, à l'orange, au rouge. Je suis resté longtemps les yeux ouverts pour ne pas en perdre une seule seconde. 
Et puis ce papillon blanc, posé sur une lavande pas encore totalement fleurie. Il y a quelques années, j'ai planté quelques pieds de lavande devant chez moi, parce que je sais que les papillons, les abeilles et bien d'autres insectes l'apprécient. Un petit geste pour Celles et Ceux aussi légers que l'air. Et cette prairie, enfin. Des fleurs pourpres, du vert, la lumière du soleil. Un fouillis, et pourtant si beau. Voilà ce que devient un endroit quand l'Homme en est absent. La beauté de la Nature, pure, simple.
 
C'est là, au milieu de ces images, que quelque chose me serre. Je ne peux pas m'empêcher de penser à ce que nous, les Hommes, faisons de tout ça. Les pesticides. Les zones humides qu'on réduit encore, elles pourtant si précieuses. Ces climatiseurs qu'on s'arrache, quand la vraie fraîcheur est devant nos yeux, dans les arbres et les espaces verts de nos villes. Le tee-shirt à deux euros venu de l'autre bout du monde. Et ces images générées par intelligence artificielle qu'on admire sans penser aux data centers, ni aux mines qu'il faut creuser pour produire toujours plus de matériel. Nos décideurs choisissent trop souvent l'argent avant la Nature, c'est vrai. Mais sont-ils les seuls responsables ? Notre manière de vivre, de consommer, d'acheter, de jeter... n'avons-nous pas, chacun, notre part ? Je crois que si. Nous sommes la seule espèce qui ne vit pas en symbiose avec la Nature. La seule qui la détruit pour ses propres intérêts. Quel regret, parfois, d'en faire partie.
 
Alors j'espère. J'espère que mes images pourront participer, ne serait-ce qu'un peu, à faire ouvrir les yeux, à faire prendre le temps d'admirer ce qui est vraiment précieux, à le respecter enfin. Merci d'avoir marché avec moi dans ce mois de juin. Prends le temps, toi aussi, s’il te plaît, de laisser ton esprit vagabonder...
Si l'un de ces instants te parle, certaines de ces images existent en tirage d'art numéroté, tiré à trente exemplaires seulement. Tu peux les retrouver sur le site, cliquant juste en dessous.
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Les Carnets de brumes

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