Il y a des semaines où l’on sait exactement ce que l’on veut raconter. Et puis il y a les autres.

Ces derniers jours, j’ai surtout marché. Un besoin de forêt, sans but précis, juste l’envie de retrouver le calme des sous-bois vosgiens et l’air un peu frais du matin. J’ai photographié au passage, sans projet, sans série en tête. Des fleurs, un arbre, une basse-cour, une vieille porte. Le genre d’images que l’on fait pour soi, peut être un peu égoïstement.

Au moment de préparer ce que j’allais partager avec vous, je suis resté devant mes centaines d’images d’avance mais rien ne ressortait vraiment. Je construit toujours mes séries photo en musique, et c’était le tour, au hasard, de Earth, de Mogli, une chanson qui sent la terre humide et les grands espaces. Et j’ai laissé défiler mes photos au rythme des notes. Celles qui vibraient avec la mélodie, je les ai gardées. Voilà comment cette série de printemps est née, presque par hasard.

Il y a d’abord un coquelicot qui n’en est pas encore tout à fait un. Juste un bouton sur le point de s’ouvrir, ses pétales froissés cachés à l’intérieur, comme une promesse future encore cachés. Puis un bouton d’or sur lequel un rayon de soleil s’est posé quelques secondes, le temps de le faire briller de l’intérieur.

Plus loin, une scène que l’on n’attend pas dans mes images : des poules et un coq qui courent autour d’une ferme, un torchon qui sèche sur un fil entre deux arbres. La nature vivante, bruyante, joyeuse. J’ai aimé ce contraste avec le silence que j’étais venu chercher pendant cette balade.

Il y a aussi l’intimité d’un sapin, quand on se glisse sous ses branches basses et que l’on découvre, dans la pénombre, le vert tendre des jeunes pousses. Le vieux et le neuf sur le même rameau. Et la rose, sa beauté, son parfum…

Et puis ce moment que je n’oublierai pas : un ciel presque noir, la pluie, et soudain un arc-en-ciel né de cette lutte entre l’ombre et la lumière.

La série se referme sur une vieille porte, peinture verte écaillée, vieilles pierres tout autour. Une dépendance de ferme dont je ne sais rien, mais qui porte la mémoire de ceux qui l’ont franchie. Les traces d’autrefois.

J’ai glissé dans cet article trois images qui ne sont pas publiées sur les réseaux sociaux, pour celles et ceux qui aiment venir ici et regarder un peu plus loin que le bout de leur feed.

Cette série est sans doute la moins construite que j’aie partagée. Pas de thème, pas de fil rouge réfléchi. Juste une chanson, des matinées en forêt au printemps, et des photos choisies à l’instinct. C’est peut-être pour ça qu’elle me ressemble autant.

Si l’une de ces photographies de nature vous touche, sachez qu’elles peuvent exister en tirage d’art numéroté, en série limitée. Contactez moi pour en savoir plus.

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A propos de Emmanuel

Auteur photographe. Vosgien, 100% pure souche de sapin.

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